Le Code était presque parfait

Le Code était presque parfait


Introduction historique au droit

AUTEUR(S) : Antoine LECA

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36,00 €
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D' Hammourabi à Légifrance, le rêve de fondre le droit dans des codes hante la mémoire d' un certain nombre de juristes.

L' empereur Justinien, au début du Digeste, après avoir rappelé que son objectif était de sortir de la confusion prévalant dans le droit romain et rassemblé celui-ci dans un seul code, affi rmait que son oeuvre devrait désormais se suffi re à elle-même « à perpétuité » et suppléer à tous les autres livres, « formant comme un mur de clôture au-delà duquel il n' y aura plus rien à chercher ». Et il interdisait aux juristes de contrevenir aux lois sous prétexte de les interpréter : « Nous défendons expressément aux jurisconsultes d' avoir la témérité d' y ajouter leurs commentaires et de répandre par leur verbiage de la confusion dans ce recueil. » Dans le même esprit, on prête à Napoléon la phrase suivante : « Un seul commentaire et mon code est perdu ! »

Et pourtant le droit romain n' a perduré jusqu' aux rivages du XXe Siècle qu' en raison des adaptations qu' on en fi t dès le Moyen Âge, et le Code civil actuel a beaucoup changé depuis 1804. Car les institutions les mieux préservées des outrages des siècles sont aussi celles que des juristes présomptueux n' ont pas bordées d' un mur de clôture trop haut. Tentation à laquelle ont succombé les Glossateurs au Moyen Âge et l' école de l' Exégèse en France au XIXe Siècle.

À chaque fois, on sent derrière eux moins la logique juridique pure et désincarnée que la pression politique d' un État intéressé, désireux d' encadrer le droit et d' en faire un instrument au service de sa puissance et de son rayonnement. Au fond, les codes éclairent davantage sur les intentions des promoteurs qu' ils servent que sur « l' ordre juridique » qu' ils entendent fixer ou du moins refléter (codification dite à droit constant). Existe-t-il d' ailleurs expression plus surfaite que celle-ci ?
En effet, pour qui veut regarder la réalité en face, le droit est aujourd' hui le siège du chaos. Or, cette situation anarchique est le produit cohérent d' une certaine histoire.

Et celle-ci peut être retracée. C' est l' objet de ce livre.

LexisNexis

Hors collections

Aôut 2013

1

350

158.0x240.0

978-2-7110-1855-0

Livre

  • Etudiants : 1er cycle

D' Hammourabi à Légifrance, le rêve de fondre le droit dans des codes hante la mémoire d' un certain nombre de juristes.

L' empereur Justinien, au début du Digeste, après avoir rappelé que son objectif était de sortir de la confusion prévalant dans le droit romain et rassemblé celui-ci dans un seul code, affi rmait que son oeuvre devrait désormais se suffi re à elle-même « à perpétuité » et suppléer à tous les autres livres, « formant comme un mur de clôture au-delà duquel il n' y aura plus rien à chercher ». Et il interdisait aux juristes de contrevenir aux lois sous prétexte de les interpréter : « Nous défendons expressément aux jurisconsultes d' avoir la témérité d' y ajouter leurs commentaires et de répandre par leur verbiage de la confusion dans ce recueil. » Dans le même esprit, on prête à Napoléon la phrase suivante : « Un seul commentaire et mon code est perdu ! »

Et pourtant le droit romain n' a perduré jusqu' aux rivages du XXe Siècle qu' en raison des adaptations qu' on en fi t dès le Moyen Âge, et le Code civil actuel a beaucoup changé depuis 1804. Car les institutions les mieux préservées des outrages des siècles sont aussi celles que des juristes présomptueux n' ont pas bordées d' un mur de clôture trop haut. Tentation à laquelle ont succombé les Glossateurs au Moyen Âge et l' école de l' Exégèse en France au XIXe Siècle.

À chaque fois, on sent derrière eux moins la logique juridique pure et désincarnée que la pression politique d' un État intéressé, désireux d' encadrer le droit et d' en faire un instrument au service de sa puissance et de son rayonnement. Au fond, les codes éclairent davantage sur les intentions des promoteurs qu' ils servent que sur « l' ordre juridique » qu' ils entendent fixer ou du moins refléter (codification dite à droit constant). Existe-t-il d' ailleurs expression plus surfaite que celle-ci ?
En effet, pour qui veut regarder la réalité en face, le droit est aujourd' hui le siège du chaos. Or, cette situation anarchique est le produit cohérent d' une certaine histoire.

Et celle-ci peut être retracée. C' est l' objet de ce livre.

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Aôut 2013

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158.0x240.0

978-2-7110-1855-0

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